Etienne Arago

Cadet d’une fratrie de six frères, dont le plus célèbre est François Arago, Étienne naît en 1802 — la même année que Victor Hugo — et meurt à Paris en 1892. Dramaturge et homme politique, il mena toute sa vie de front l’engagement républicain et la passion des lettres.
Il connaît une jeunesse heureuse à Perpignan, où son père dirige l’Hôtel de la Monnaie. Grâce à l’appui de son frère François, il entre comme préparateur de chimie à l’École polytechnique. Il y rencontre Auguste Comte, forge ses convictions républicaines et assiste, le 21 septembre 1822, à l’exécution des quatre sergents de La Rochelle, dont les tombes se trouvent à quelques mètres de la sienne.

Son engagement politique s’intensifie. En 1830, il distribue des armes sur les barricades des Trois Glorieuses pour chasser Charles X. En 1835, il participe à l’évasion de détenus politiques de la prison de Sainte-Pélagie. En février 1848, il est de nouveau sur les barricades : le 24, il prend l’Hôtel des Postes, s’y installe comme directeur, et la chute de Louis-Philippe devient inéluctable. Sous son autorité, l’usage du timbre-poste est généralisé en France.
Ardent républicain, il s’oppose ensuite au prince-président, futur Napoléon III. Condamné à la déportation et à la confiscation de ses biens, il se réfugie à Spa, en Belgique, et ne rentre en France qu’une dizaine d’années plus tard. En 1870, il reprend la lutte politique, s’oppose à la régence de l’impératrice Eugénie et est acclamé maire de Paris sur proposition de Gambetta. Il démissionne cependant dès novembre 1870.

La littérature demeure l’autre grande passion de sa vie. En 1822, il coécrit avec Balzac L’Héritière de Birague, œuvre restée sans suite. Si Balzac choisit définitivement les lettres, Étienne Arago hésitera toujours entre la plume et l’action, parvenant toutefois à concilier les deux. Il dirige le théâtre du Vaudeville à partir de 1829 et rencontre le succès avec ses pièces.
À la fin de sa vie, Jules Ferry le nomme conservateur du musée du Luxembourg, fonction qu’il exerce jusqu’à sa mort, le 6 mars 1892.

Tombe du républicain Etienne Arago au cimetière du Montparnasse à Paris
Tombe d’Etienne Arago, cimetière du Montparnasse.

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